 Nous avons interviewé Nico Vink au Bike Motion dès sa descente d’avion en provenance de la Red Bull Rampage en Utah où il a obtenu une belle 13ème place.
02 : Nico, peux-tu nous raconter comment s’est déroulé l’événement ?
N.V. : C’est un super événement très amusant où tu es respecté en tant que pilote et je veux y revenir l’an prochain pour mieux rouler. Je sais que j’ai besoin de plus de temps pour me préparer et travailler sur les traces. Tracer les lignes prend du temps. Semeniuk était là avec dix personnes et moi seul avec Krisof (Lenssens). J'avais seulement trois jours devant moi pour me qualifier. Il faisait très chaud dans le désert entre 30 et 35°c auxquels il faut ajouter le décalage horaire.
Nous sommes arrivés lundi à Virgin, en Utah, on a préparé les vélos. Je n’ai pas roulé mardi où j’ai cherché des lignes toute la journée. Arpenter la montagne de part en part pour voir ce que je sentais bien. Mercredi, on a commencé à construire. J’ai roulé une heure en fin de journée pour me détendre. Jeudi matin, on a encore construit et j’ai roulé l’après-midi tandis que Kristof terminait de construire. C’était très juste au niveau temps. Vendredi, la qualification s’est bien déroulée.
O2 : Combien de Run faisais-tu par jour? N.V. : Pas beaucoup, il fau monter à pied avec le vélo sur le dos. On fait quelques sections avec des sauts qu’on refait 5 à 10 fois. J’ai du faire ma ligne principale deux fois. Il y avait des drops que je n’avais même pas sautés avant la finale. Je n’avais même pas reconnu le départ avant la qualification Mon dernier run, je ne l’avais réalisé qu’une fois.
O2 : Comment se choisissent les lignes? N.V. : Chaque pilote choisit ses propres lignes. La plupart étaient déjà là depuis une semaine ou deux et ce fut plus difficile pour nous car les meilleures lignes étaient déjà prises.
O2 : Peut-on utiliser les lignes des autres? N.V. Les lignes n’appartiennent à personne. Si on veut les utiliser, il faut demander. La règle entre les pilotes est de ne pas utiliser des lignes complètes, mais seulement des parties. J’ai tracé mes propres lignes, mais je n’étais pas entièrement satisfait. Pour mon premier run de la finale, j’ai utilisé le début de Vanderham pour prendre le premier drop. «Pas de souci, c’est cool que tu demandes», m'a-t-il dit. On a aussi construit un jump avec Kristof qui a été utilisé par Lacondeguy et deux autres pilotes.
O2 : Si tu y retourne l'an prochain, comment feras-tu pour mieux te préparer? N.V. : Je devrais plus rouler en montagne et jouer avec un vélo de descente. Je dois aussi vaincre ma peur de l'altitude car il y a des endroits où si on s’écarte de 20cm on se retrouve dans un précipice 30m plus bas. Il faut travailler le mental pour être plus fort et vaincre sa peur de la chute et de l’erreur.
O2 : Qu’est ce que cet événement va changer pour toi? N.V. : Cela m’a ouvert les yeux et je vais changer ma manière de rouler. Je vais faire plus de freeride, rouler dans les festivals et tourner des vidéos et des films. Je vais encore faire l’une ou l’autre coupe du Monde et Coupe de Belgique en DH, mais je ne vais plus rouler pour les points ou le classement. Je n’ai plus envie de passer mon temps en salle de fitness ou sur un vélo de course pour gagner 5 places.
O2 : On a vu peu de figures durant la rampage, c'est un peu dommage, non? N.V. : J’aurais voulu en faire quelques-unes, mais elles ne sont pas sorties. Le choix des lignes, le flow, la vitesse et les figures sont jugées sur le même pied.
O2: Es-tu tombé? N.V. : Pas une seule fois, je n’ai pas assez essayé (rires)
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